Désincarnée

Création en cours

"Mon corps ne peut plus se "voir" lui-même s'il a perdu ses yeux, n'est-ce pas? Aussi je dois l'observer - être ses yeux. N'est-ce pas?" Quand le corps perd sa capacité de proprioception, que devient l'âme qui l'habite? Dans une pièce mêlant danse-théâtre et peinture en direct, la danseuse et l’artiste-peintre racontent l'épopée de cette femme ordinaire et extraordinaire, rapportée dans le livre L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau, du neurologue Oliver Sacks.




La création porte sur l'histoire d'une patiente de Oliver Sacks, neurologue américain, qu'il raconte dans son livre "L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau". La "nouvelle" (c'est une histoire vraie) s'intitule "la Femme désincarnée". A la suite d'une injection pré-opératoire, cette femme va perdre sa capacité de proprioception. "Qu'y-a-t-il en effet de plus important pour nous, à un niveau élémentaire, que la pleine possession, la maîtrise et le bon fonctionnement de notre identité physique? Elle va tellement de soi [...] que nous ne lui accordons pas la moindre pensée", écrit-il. La patiente d’Oliver Sacks vit alors une expérience que la plupart d’entre nous pouvons seulement imaginer: son corps "fonctionne" parfaitement, son cerveau aussi, mais il n'y a plus de lien, elle n'a plus le "sens d'elle-même".
Par la seule force de son caractère, elle va entreprendre de "recréer la connexion", en se concentrant pour réaliser le moindre mouvement, la moindre position statique. Jusqu'à recréer une sorte "d'automatisme artificiel". Il la décrit en train de "s'asseoir très délicatement - trop délicatement, d'une manière hiératique, comme une danseuse au milieu d'une pose.".
Ainsi, elle réussit à manœuvrer, et pourtant elle ne réussit pas à "être" son corps. Dans ce corps résidaient les traces de ses souvenirs, ses expériences, son vécu..... en un mot, son identité. Qui est-elle, désormais?


Voilà la femme dont nous voulons raconter l'histoire, avec ses moments de force, d'espoir et de désespoir .
Quelle expérience très forte de la question de l'identité!


Brigitte Burdin: chorégraphie, mise en scène et direction de danseuse
Magali Rotteleur: chorégraphie et interprétation
Sherley Freudenreich: peinture en direct
Léo Plastaga: musique
Morgane Viroli: lumière et régie

Infos pratiques
Création accueillie en résidence régulière à la Gare à Coulisse (Drôme).
Première présentation de la création en cours dans le cadre des Chantiers de la Danse,
le 4 mai 2013 à la Gare à Coulisse à Eurre (26)